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En l'honneur des chers Juifs de France !
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Pour mes frères et mes amis! En l'honneur des chers Juifs de France !
Juifs de France : ne venez pas à l'État 'd'Israël' sous l'effet de la peur.
Ces derniers jours et ces dernières semaines, les violences, les manifestations et les tensions qui ont secoué la France ont suscité de nombreuses inquiétudes. Au sein de la communauté juive française, beaucoup se demandent ce que l'avenir leur réserve. Les rumeurs, les informations contradictoires et les prédictions alarmistes entretiennent un climat d'incertitude.
Certaines voix rabbiniques dans l'État 'd'Israël' appellent à une alyah (l'immigration vers l'État 'd'Israël') massive, présentant le départ vers l'État 'd'Israël' comme une nécessité urgente. D'autres invitent les Juifs de diaspora à ne pas céder à la panique, à se renforcer dans la Torah et les mitsvot, et à placer leur confiance en D.ieu. Face à ces discours divergents, devons-nous prendre des décisions sous l'effet de la peur, ou revenir à la lumière de la Torah ?
Notre message : Juifs de France, ne venez pas ici sous l'effet de la peur, et ne vous laissez pas entraîner par ceux qui vous y poussent. Nous ne prétendons pas décider à la place de chaque Juif. Nous souhaitons toutefois vous présenter une perspective rabbinique impartiale et non biaisée, et vous inviter à prendre le temps de réfléchir avant une décision aussi importante.
Si vous n’avez pas le temps de lire cette lettre dans son intégralité, vous pouvez consulter directement la traduction française de l’introduction du Vayoël Moché de Rabbi Yoël Teitelbaum zt"l. Elle vous donnera un premier aperçu d’idées et d’enseignements souvent méconnus, qui méritent d’être découverts et approfondis par la lecture et l’étude du reste de l’ouvrage.
Depuis 1948 : un bilan humain considérable
En 2024, 1 570 actes antisémites ont été recensés en France. En 2025, 1 320. Ne tombez pas dans le piège des discours de certains rabbins dans l'État 'd'Israël' qui présentent l'alyah comme la solution évidente et l'État 'd'Israël' comme un lieu où vous seriez nécessairement en sécurité. Sur quoi repose une telle certitude ? Regardons les chiffres.
Depuis 1948, les guerres successives et les attentats ont provoqué des milliers de morts et laissé des dizaines de milliers de personnes avec des blessures physiques ou psychologiques. En décembre 2025, le "ministère israélien de la Défense" prenait en charge quelque 82 400 blessés, notamment des militaires et des membres des forces de sécurité. En avril 2026, "l'Institut national d'assurance de l'État 'd'Israël'" recensait plus de 49 000 victimes civiles d'actes hostiles reconnues handicapées à des degrés divers. Ces deux chiffres ne sont pas directement comparables. Il ne faut pas les additionner pour obtenir un total de personnes blessées.
Et la protections des Juifs n'est pas le seul problème : dans cet État, l'éducation pose de graves difficultés, et les problèmes financiers écrasent beaucoup de familles. Avant de prendre une décision aussi importante que celle de quitter son pays, regardez les chiffres, étudiez les faits et réfléchissez aux conséquences. Ne laissez personne décider à votre place en exploitant votre peur.
Les conséquences spirituelles et matérielles du sionisme
Au-delà des événements eux-mêmes, quelles sont les conséquences spirituelles et matérielles de l'idéologie sioniste, selon les maîtres de la Torah qui s'y sont opposés ?
Pour Rabbi Yoël Teitelbaum, l'établissement d'un État juif avant la venue du Messie touche directement aux Trois Serments, évoqués dans la Guemara, dans Ketoubot 111a. Selon ce passage, D.ieu a fait jurer au peuple juif de ne pas monter en masse vers la Terre d'Israël "comme un mur", de ne pas se révolter contre les nations du monde et de ne pas hâter la Fin, c'est-à-dire la Délivrance. Le Rambam a également statué dans la halakha qu'il faut attendre le Machia'h.
Dans le cadre de cet article, il n'est pas possible de développer toute la profondeur de ces Trois Serments ni d'exposer l'ensemble des enseignements qui s'y rapportent. Leur portée est bien plus profonde qu'une simple interdiction politique. Ils touchent au rapport entre le peuple juif et D.ieu, au sens de l'exil et à la manière dont doit s'accomplir la Délivrance.
On peut néanmoins en présenter ici un principe fondamental : le peuple juif ne peut pas décider, de sa propre initiative, de mettre fin à l'exil comme si son destin ne dépendait que de sa volonté. Si l'exil fait partie du décret divin, ce n'est pas par une entreprise humaine que l'on peut prétendre s'en affranchir. Il faut reconnaître la souveraineté de D.ieu, accepter le cadre dans lequel Il nous a placés et nous tourner vers Lui avec humilité, en attendant la Délivrance qu'Il a promise.
On peut comprendre cette idée à travers l'image d'un père qui a puni son fils. Le fils ne peut pas simplement décider que la punition est terminée et s'en libérer par sa propre autorité. Il doit reconnaître sa faute, revenir vers son père avec un cœur contrit et chercher à retrouver sa proximité. C'est au père qu'il appartient de mettre fin à la punition et de rapprocher son fils de lui.
De même, selon cette approche, le peuple juif ne peut pas s'attribuer lui-même le pouvoir de mettre fin à l'exil. Il lui appartient de revenir vers D.ieu, de renforcer son attachement à la Torah et aux mitsvot, et d'attendre de Lui la délivrance. La rédemption n'est pas une conquête que l'homme s'accorde à lui-même : elle est une délivrance qu'il attend de D.ieu.
C'est dans cette perspective que Rabbi Yoël Teitelbaum examine le sionisme. Sa critique ne porte donc pas uniquement sur une organisation politique ou sur la création d'un État. Elle concerne une question religieuse fondamentale : le peuple juif peut-il prendre en main, par une initiative collective, ce qui relève du décret divin et de la Délivrance ? C'est précisément cette question que son ouvrage Vayoël Moché invite le lecteur à étudier à la lumière des sources de la Torah.
Rabbi Yoël rapporte la discussion des décisionnaires (les grandes autorités qui tranchent la loi juive) : la plupart d'entre eux disent qu'aujourd'hui, il n'existe pas d'obligation d'habiter en Terre d'Israël. La minorité qui reconnaît une mitsva l'assortit de deux conditions.
Première condition : avoir une parnassa (un gagne-pain, c'est-à-dire une source de revenus stable qui permet de subvenir aux besoins de sa famille) qui l'attend en Terre d'Israël. Sans parnassa, c'est une épreuve très lourde, car aniout ma'avirah al da'at kono — la pauvreté fait perdre la raison — comme l'enseigne le Talmud, et il est très difficile de garder ses enfants sur le bon chemin sans argent. Ici, dans l'État 'd'Israël', c'est très difficile.
Deuxième condition : venir avec l'intention pure de se sanctifier et d'augmenter son service divin, et non pour s'amuser.
Le Vayoël Moché : un ouvrage majeur à redécouvrir
Grâce à D.ieu, nous disposons d'une œuvre fondamentale : le Vayoël Moché, le grand ouvrage de Rabbi Yoël Teitelbaum, l'Admour de Satmar, que sa mémoire soit bénie. Le livre a été rédigé dans les années qui ont suivi la création de l'État 'd'Israël'. Il se compose de trois grands traités qui abordent notamment la question du sionisme sous l'angle de la halakha, à la lumière du décret de l'exil et des Trois Serments.
Nous vous faisons découvrir aujourd'hui la traduction française de l'introduction du premier de ces traités, ainsi qu'un aperçu des premières lignes de celle-ci, pour que vous découvriez directement le texte original et la démarche de son auteur. Elle est ici :
Lorsque des malheurs s'abattent sur l'ensemble du peuple juif… quelle est la juste réflexion à avoir ?
Lorsque Rabbi Yoël Teitelbaum entreprend cette réflexion, le monde juif porte encore les blessures immenses de la Shoah. Six millions de Juifs ont été assassinés par l'Allemagne nazie et ses collaborateurs. Des communautés entières ont été détruites, des familles anéanties et des générations plongées dans un deuil indescriptible. Comment réfléchir à une telle catastrophe à la lumière de la Torah ? Comment nos Sages abordent-ils les épreuves collectives ?
Dans son introduction, Rabbi Yoël développe son interprétation théologique et établit un lien entre le sionisme et les tragédies du peuple juif. La Torah rapporte que les frères de Yossef, confrontés aux événements qui leur arrivent en Égypte, s'interrogent sur leurs actes passés et reconnaissent leur faute envers leur frère. La tradition talmudique comporte de nombreux passages où nos Sages réfléchissent aux épreuves et cherchent à en comprendre la signification. C'est dans cette tradition d'étude que s'inscrit Rabbi Yoël. Examinez ses arguments à partir des sources qu'il cite.
La parabole de l'incendiaire qui se fait passer pour un sauveur
Voici l'un de ces passages, dans le Vayoël Moché, Maamar Chaloch Chevouot (le traité des Trois Serments), section 111 : une parabole qui explique comment ceux qui causent le désastre se font passer pour ceux qui sauvent. Rabbi Yoël rapporte une parabole qu'il avait entendue dans sa jeunesse.
Un homme méchant et cruel, animé par le désir de se venger de son prochain, décide de faire brûler tous ses biens. Pour accomplir son projet sans être reconnu, il engage un individu malveillant, expérimenté dans ce genre d'opérations. Sachant que le propriétaire de la maison accueille volontiers les voyageurs, cet individu se présente chez lui le soir, sous l'apparence d'un invité. Le maître de maison, fidèle à la mitsva de l'hospitalité, lui offre immédiatement un endroit où dormir.
Au milieu de la nuit, lorsque toute la famille est profondément endormie, l'invité se lève discrètement, dissimule un dispositif incendiaire dans la maison, puis retourne se coucher en faisant semblant de dormir. Bientôt, les flammes éclatent. Toute la famille se réveille dans la panique. Les habitants découvrent que le feu menace de détruire leurs biens et tentent désespérément de sauver ce qui peut encore l'être. Mais la peur, le chagrin et la confusion les empêchent de réfléchir calmement.
L'invité, lui, connaît la situation. Il sait que son plan a réussi. Pourtant, il se lève à son tour, feint d'être bouleversé par l'incendie et se précipite pour aider le propriétaire. Parce qu'il garde son sang-froid, il parvient même à sauver quelques meubles et objets supplémentaires.
Le lendemain matin, le propriétaire se rend à la synagogue, accablé par le désastre. Il raconte à ses connaissances qu'il a tout perdu et ne sait plus où habiter ni comment subvenir à ses besoins. Au milieu de son récit, il évoque cependant la force de la mitsva d'accueillir des invités : grâce à l'hospitalité qu'il a accordée la veille, explique-t-il, son invité a pu sauver quelques meubles et quelques objets de la maison.
Ses interlocuteurs lui demandent alors qui était cet invité. Lorsqu'ils apprennent son identité, ils reconnaissent un homme cruel, connu pour ce genre de méfaits. Ils lui révèlent alors la vérité : « Malheureux ! C'est précisément cet homme qui a provoqué l'incendie. Ce n'est pas lui qui t'a sauvé : c'est lui qui a détruit tes biens ! Ne le laisse plus jamais franchir le seuil de ta maison. Si tu continues à avoir affaire à lui, il pourrait recommencer et finir par te faire perdre jusqu'à la vie. »
Rabbi Yoël explicite ensuite lui-même la parabole : והנמשל מובן, שהציונים גורמים בעוונותיהם ובמעשיהם את כל הצרות והתלאות ושוב נעשו למצילים, ואותן שאינם נותנים לב לידע האמת חושבם למצילים.
Traduction : L'application de la parabole est évidente : les sionistes, par leurs fautes et leurs actes, provoquent toutes les souffrances et toutes les calamités, puis se présentent comme des sauveurs. Ceux qui ne prennent pas la peine de connaître la vérité les considèrent alors comme des sauveurs.
Rabbi Yoël poursuit : cette situation entraîne les gens dans l'hérésie et le reniement de la foi. Il exige que les actes du mouvement sioniste soient examinés en profondeur. Il conclut que cette épreuve est l'une des plus difficiles de toutes celles que le peuple juif a traversées, en raison de l'obscurcissement spirituel qui l'accompagne. Rabbi Yoël ne lance pas une formule en passant : c'est une critique théologique explicite du mouvement sioniste, développée dans son œuvre.
Le problème de ceux qui se présentent comme les sauveurs
Appliquez cette parabole au discours que vous entendez aujourd'hui : on vous présente l'alyah comme le sauvetage. Ces rabbins vous poussent à partir. Mais qui assumera les conséquences concrètes de cette décision ?
Ces rabbins paieront-ils votre loyer ? Vous procureront-ils un gagne-pain ? Prendront-ils en charge vos factures, vos besoins quotidiens et l'éducation de vos enfants ? Seront-ils là si vous ne trouvez pas de travail, si vous vous retrouvez dans des difficultés financières ou si votre famille traverse une épreuve ? Vous et votre famille en paierez le prix, pas ceux qui vous auront exhortés à partir.
On vous dira peut-être : « D.ieu prendra soin de vous. » Rabbi Moshé Haïm Luzzatto, dans le Messilat Yécharim (« Le Chemin des Justes »), distingue le bitachon (la confiance en D.ieu) de la holelout (la bêtise, la folie : s'exposer sans réfléchir à un danger en comptant sur un miracle). Le bitachon s'applique aux situations normales. Dans une situation dangereuse, D.ieu ne demande pas la confiance : Il demande de ne pas s'y engager dès le départ. Celui qui traverse les yeux fermés une rue pleine de voitures en disant qu'il a confiance en D.ieu et qui se fait renverser ne pourra pas dire ensuite à D.ieu qu'il avait confiance, ni Lui reprocher de ne pas l'avoir sauvé. D.ieu a fixé des lois, dont les lois physiques de ce monde. La confiance en D.ieu s'exerce à l'intérieur de ces lois, pas au-delà. Invoquer le bitachon pour écarter les questions de la parnassa, du logement, de l'éducation des enfants et de la stabilité du foyer, ce n'est pas du bitachon : c'est traverser la route les yeux fermés.
Rappelez-vous les deux conditions posées par la minorité des décisionnaires : une parnassa qui vous attend, et l'intention de vous sanctifier. Ces rabbins vous en ont-ils seulement parlé ?
Vivre en diaspora, ce n'est pas être en dehors du plan divin. L'exil lui-même fait partie de l'histoire du peuple juif telle que la Torah nous la présente. Il ne suffit donc pas d'affirmer que les Juifs doivent quitter les pays où ils vivent pour être en sécurité : il faut aussi examiner ce que la Torah enseigne sur l'exil, les Trois Serments et la délivrance, les questions que Rabbi Yoël développe dans le Vayoël Moché.
Lorsqu'un mouvement se présente comme le sauveur du peuple juif, il ne suffit pas de regarder les secours qu'il affirme avoir apportés. Il faut aussi examiner le projet qu'il défend, les moyens qu'il emploie et ses conséquences religieuses.
La parabole de Rabbi Yoël pose une question dérangeante : peut-on se proclamer sauveur sans accepter que sa propre responsabilité dans le désastre soit examinée ? Le Vayoël Moché répond : non. Il faut donc cesser de traiter toute critique du sionisme comme une marque d'ignorance, de lâcheté ou d'indifférence envers les souffrances juives. Cette manière de procéder ne répond à aucun argument. Elle cherche simplement à disqualifier ceux qui refusent d'adopter la conclusion attendue.
Juifs de France, avant de croire ceux qui vous promettent le salut, demandez qui a allumé le feu.
Conclusion
Ne restez pas seuls : restez proches de votre communauté, de vos rabbins s'ils ne tombent pas dans des slogans, de vos familles, de ceux qui étudient et qui prient avec vous. Parlez à D.ieu, ouvrez-Lui votre cœur, et regardez votre situation en face : votre parnassa, vos enfants, votre vie de Torah.
À vous de décider. Examinez vous-mêmes votre situation avec lucidité : vous la connaissez mieux que personne, alors faites-vous confiance avant de faire confiance à qui que ce soit. Ensuite seulement, si vous avez des personnes de confiance, vous pouvez les consulter, car nous ne décidons pas à votre place. Ne prenez pas une décision aussi lourde sous la pression de la peur, et ne confondez pas une promesse de salut avec une garantie de sécurité. Mais nous le disons avec conviction : le plus souvent, il est préférable de rester. Que D.ieu vous accorde la clarté d'esprit, vous épargne la peur, vous protège et vous guide sur le bon chemin, et vous donne la paix.
Et pour lire la source vous-mêmes, l'introduction du Vayoël Moché en français :













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